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 "Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"

Albert Londres 


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Pour que nos générations et celles futures n’oublient jamais, il nous faut accomplir notre devoir de mémoire à l’égard de ceux qui nous ont légué leurs valeurs.

Au-delà des atrocités et de la barbarie, c’est par leur courage au service de la défense de la démocratie et de la paix que nous pouvons aujourd’hui fêter le 90 éme anniversaire de la victoire.

La fin de l’horreur

Ce jour, bien plus qu’une simple célébration est celui du retour à la paix, la fin de l’horreur pour des millions d’hommes et de femmes. Nos aïeux se sont battus pour une Vérité qui n'est plus. Pour autant, notre Vérité ne serait pas ce qu’elle est sans eux et ce qu’ils ont fait. En ce sens, nous devons être pleinement conscients de la grande faiblesse de notre société d’aujourd’hui. Sommes-nous vraiment à l'abri d'un possible retour de la barbarie ? Dans notre monde, le racisme, l’antisémitisme, l’exclusion et le rejet de l’autre sous l’insidieux prétexte qu’il est différent de nous, insensibilisent nos sociétés modernes.

Les ferments de la haine de demain

C’est à nous qu’il incombe de donner le vrai sens de ces mots aux jeunes générations, pour que cette cérémonie ne sombre pas dans l’oubli. C’est à nous qu’il incombe, sans relâche, à combattre tout ce qui nous divise. Les plaies d’aujourd’hui ne sont plus celles d’hier et ont laissé la place à l’indifférence, l'intolérance, la xénophobie, l'individualisme lié à un matérialisme illusoire et dévastateur. En ces plaies résident les ferments de la haine de demain. C’est pourquoi, en ce jour anniversaire, après ces quatre années d'horreur et de sang versé, personne ne doit oublier le sacrifice de plus de 8 millions de morts, ces familles brisées et ces millions de mutilés de la Grande Guerre.

Un jour de souvenir

Faisons donc honneur à ces soldats, en construisant un monde de paix, de liberté et de justice. C'est pourquoi il est indispensable d'instaurer le culte perpétuel de la mémoire. Il nous est nécessaire de rappeler l'utilité fondamentale de ce devoir, quand il s'agit de surcroît de l'Histoire de France écrite par nos aïeux. Un jour de souvenir par an n'est pas de trop pour leur dire merci, pour se souvenir de leurs souffrances. Si cette guerre eut été aussi un symbole, elle doit rappeler que c'est par patriotisme qu'Allemand et Français sont allés au front pour 90 années plus tard se retrouver côte à côte dans le même camp, celui de la paix européenne.

Mieux appréhender le présent

Cependant, avant de donner des leçons aux autres, nous devons d’abord nous interroger sur nous-mêmes. La paix ne commence que par le respect mutuel et l’Histoire n’est utile que si on s’en sert pour mieux appréhender le présent. C'est pourquoi je ne suis pas d’accord avec la remise en cause des commémorations militaires. Pour beaucoup, ces cérémonies ne sont plus seulement un devoir de mémoire, mais un devoir historique. Tant que des associations porteront le souvenir et rendrons hommage, supprimer ou réunir ces commémorations en un événement mélangé n’aurait pas de sens et perdrait l’identité même de ce quelles représentent.

Apporter le sens

Ces cérémonies sont un rythme historique dont nous avons besoin plus que jamais, pour nous permettre de rester en relation avec le tissu historique de notre identité. Au lieu de se poser la question de leur nombre et de leur impact pédagogique, le fait est que ce n'est pas le nombre, mais la manière dont elles sont faites qui peut les présenter aux jeunes générations comme vides de sens et pour eux inutiles. Il nous appartient donc, pour nous-mêmes et pour eux, d'y apporter le sens qui peut nourrir la conscience historique d'un peuple. Avec le temps, nous avons toujours tendance à oublier. Alors pour ne plus oublier, souvenons-nous donc des paroles de l’historien Pierre Miquel :

« La mémoire est une faculté de l'âme. L'âme fait de nous des êtres humains. Être un homme, c'est se souvenir des défunts. Ce qu'ils ont vécu est incroyable. Il faut les croire et surtout ne jamais les oublier ».


Gilbert Collard


 

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