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"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
Le saviez-vous !
Dans le cadre des mesures visant à favoriser le travail jusqu'à 70 ans, il est maintenant possible de
se procurer des déambulateurs pour atteindre cet âge sur son lieu de travail.
Plus sérieusement, réveil douloureux pour les uns ou véritable avancée pour les autres, après une mémorable
levée de bouclier, le départ à la retraite à 70 ans a finalement été validé par le Conseil Constitutionnel
le 11 décembre dernier.
Les clopinettes du travail
Si on tend l’oreille on peut entendre cette rumeur qui annonce que l’argent c’est pour les riches et que
les clopinettes du travail pour les pauvres. Bref, une mauvaise mesure qui vise encore à toucher le
pouvoir d’achat des travailleurs et des travailleuses.
C’est beau comme du Besancenot chez Arlette !
Pour couper court, notons que cette mesure ne concerne en rien le problème de la durée des cotisations, qui
existe déjà actuellement et que pas plus la gauche que la droite n’a vraiment posé. Et oui ! Au grand dam
de choquer, sachez qu’il existe dans ce pays des gens comme vous et moi qui ne vivent pas constamment avec
dans la tête un calendrier qui annonce le jour du départ à la retraite et le nombre de trimestres
cotisés.
Comme exemple frappant, prenons celui du Professeur Luc Montagnier. Célèbre et célébré par toutes et tous,
il fut mis à la retraite d’office de l’Institut Pasteur alors qu’il avait atteint l’âge
canonique de 65 ans. Onze ans plus tard, on constate qu’avec lui ses recherches ont migrées aux
Etats Unis.
C’est tout de même incroyable de penser que des gens qui pourraient être ou sont en retraite travaillent
encore !
Usés à la tâche
Encore une fois, il nous faut redescendre sur terre. On ne peut pas avoir une durée de vie qui s’allonge,
faire moins d’enfants donc réduire le nombre de cotisants, entrer dix ans plus tard qu’il y a trois
décennies sur le marché du travail et imaginer que le système ne va pas exploser. Seulement dans ce décor
surréaliste, il y a aussi l’envers de la médaille. Repousser l’âge de la retraite à 70 ans sans le dire
franchement, c’est aussi un aveu d’échec du Gouvernement devant la lutte contre le chômage !
Que dire de ces millions de Français qui se sont déjà usés à la tâche ? Va-t-on vraiment leur proposer de
travailler au volontariat jusqu’à 70 ans ou bien va-t-on gentiment et sans bruit les pousser vers
la sortie à 65 ans en leur faisant miroiter quelques taches pour améliorer leur quotidien ?
Juste de quoi pouvoir mettre un peu de coté pour pouvoir se payer la maison de retraite médicalisée !
Le monde de demain
Et voila le retour de Zola et Germinal n’est pas loin. Super Réac est passé par là et pourtant, Il n’y
a rien de réactionnaire à vouloir que la durée de vie active s’allonge comme la durée de la vie elle-même.
C’est le rôle du travail qu’il faut repenser, les modalités de rémunération, les statuts d’autonomie, le
composant entrepreneurial. Il faut des gens pour créer le monde de demain, pas pour rafistoler celui d’hier
qui vient de mourir de cette dernière crise.
Changer l’âge de la retraite exige de respecter des droits acquis, mais ce n’est qu’un aspect simple de la
question qui ne remet pas en cause le principe de prolonger la vie active. Alors c’est vrai que Xavier
Bertrand a eu une façon grossière de justifier l’existence de cet amendement. Il se souvenait très bien du
plombier polonais, de Joe le plombier, mais lui utilisa Guy Roux ! Guy Roux, pauvre homme perdu sur le bord
d’une grande pelouse, par tous les temps, été comme hiver ; homme qui eu énormément de mal à
travailler après 65 ans pour améliorer sa maigre retraite, dirons certains avec ironie.
Ce qui est certain c’est que l’exemple était pour le moins mal choisi pour essayer de
justifier l’application de cette loi qu’il nous faut voir, supposons le comme un progrès.
Rendre le système plus juste
En effet, doit-on empêcher un individu de travailler quelque soit son âge si il le désire ?
Il existe des individus qui apportent à la collectivité et qui souhaitent rester en activité pour conserver
une vie sociale. Le problème est plutôt de rendre le système plus juste et réviser les facteurs de
pénibilité. Cette mesure va dans le sens de la liberté individuelle et c’est à chacun de décider pour
lui-même.
D'un autre point de vue, notons qu’en droit du travail une personne de plus de 60 ans n'aura jamais intérêt
à prendre sa retraite, même si le montant de cette dernière est suffisant.
Il lui suffira de rester chez lui, la démission ne se présumant pas (Cour de Cassation), l'employeur n'aura
d'autre choix que de le licencier.
A qui le jackpot ?
Est-ce vraiment raisonnable !
François Togis
Janvier 2009 © Le Chroniqueur
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