Bienvenue sur le Blog !
"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
Chaque fois qu’un agriculteur ou un petit commerçant cesse son activité, un professionnel libéral « visse sa plaque ».
Aujourd’hui, en France, 650 000 personnes sont des libéraux de profession. Un chiffre qui a doublé en
trente ans ! Ainsi, les chiffres donnent tort à ceux qui dans les années soixante, prévoyaient l’extinction
progressive de l’exercice libéral, jugé archaïque. Il avait alors pour seul défaut d’indisposer la haute
administration, campée sur des positions étatistes.
Cette administration française admet désormais cette existence, mais surtout pour leur qualité
de généreux contributeurs au « pot commun », dont elle se nourrit sans retenue.
Le discours démagogique
D’autant qu’il s’agit d’une cliente captive, non délocalisable ! L’énarchie et la technocratie
ne souhaitaient pas à l’époque, à l’évidence, un développement inconsidéré des professions
libres et indépendantes qui pouvaient faire ombrage à leurs prérogatives, et contrarier la « planification ». Le discours démagogique de l’omniprésente élite intellectuelle et politique s’est longtemps acharné à dévaluer les valeurs de l’indépendance professionnelle. Synonyme à ses yeux de profits non contrôlés sur le dos des consommateurs, victimes potentielles.
Ce discours est loin d’être éteint. Le mot libéralisme reste aujourd’hui en France majoritairement
controversé, notamment en cette période de crise mondiale. Les médias quant à eux, rendent bien peu souvent
compte des chiffres-clés du groupe des libéraux et des nouveaux indépendants. Jamais par exemple
d’émission de télévision sur les recettes de la réussite en libéral. L’économie en France ne se décline
qu’à travers la santé du CAC 40 (entreprises dont beaucoup d’unités de production, et certaines unités de
décision, sont de plus en plus extra hexagonale).
La France bride délibérément
Médiatisé en revanche est le « déficit » de la Sécu et son responsable désigné : le corps médical
libéral…Or, qui sait que la santé libérale crée 20000 emplois chaque année, et qu’elle en créerait au moins
le triple si elle était réellement libérée ! La France bride délibérément tant qu’elle peut l’un des rares
secteurs en expansion continuelle…Bravo.
Le sujet est lui aussi tabou. La non-information, la désinformation, le climat antilibéral d’une part ont
été et restent encore si vifs dans presque tous les médias, et les innombrables syndicats catégoriels des
professions libérales d’autre part ont été tellement absents depuis trente ans de la scène économique et
politique, (eux-mêmes c’est le comble du paradoxe, imprégnés à des degrés divers de philosophie
antilibérale), qu’aujourd’hui encore, lorsqu’on évoque les entreprises françaises, on fait habituellement
référence aux trois millions d’industriels, artisans, commerçants et agriculteurs, et rarement aux 650 000
libéraux de profession et aux milliers d’entrepreneurs à domicile qui travaillent avec
téléphone, fax et internet.
Un autre paradoxe, et que ces « laissés pour compte des statistiques », ces oubliés des médias, sont ceux
dont la progression démographique est la plus importante ! Certes notre pays parvient encore, malgré
l’omnipotente pression étatique, à générer des entrepreneurs, mais certains malins iront faire fortune
au-delà de nos frontières.
Antilibéralisme affiché
Mais ce dynamisme démographique perdurera-t-il face aux multiples coups d’assommoir fiscaux et au climat
délétère généré par l’effacement progressif de la valeur du travail…qui pourrait s’étendre aussi aux
professions indépendantes, si elles décidaient de démissionner, de se démobiliser, au détriment du service
au public, au détriment de l’économie nationale.
Il est dommage que la réhabilitation de l’entreprise, opérée en douleur en France depuis 30 ans, n’ait que
peu concerné les professionnels libéraux. C’est injuste et stupide.
Les gouvernements successifs depuis les Trente Glorieuses ont escamoté le sujet. Par
antilibéralisme affiché de la majorité du personnel politique, enseignant et médiatique, l’éducation libérale de nos concitoyens est proche de zéro ! Quant aux quelques rares mais courageux hommes politiques libéraux, on ne les a que bien rarement entendu, quand on ne les a pas rapidement mis au placard !
En ces temps de violentes turbulences internationales dans la banque, la finance, le commerce multilatéral
et l’industrie, que ne serait-on pas avisé d’aller chercher les libéraux de profession pour doper les
affaires et dynamiser le moral de nos concitoyens !
Qui sont ces libéraux de profession ?
Deux définitions établies par la Chambre Nationale des Professions Libérales doivent être rappelées.
- Celle du professionnel libéral, qui est celui ou celle qui remplit la fonction sociale d’apporter à ceux
qui l’ont librement choisi, des prestations sous une forme juridiquement, économiquement et politiquement
indépendante. Dans le cadre d’une déontologie qui garantit le secret professionnel, une compétence et la
responsabilité des actes.
- Celle de l’entreprise libérale, qui est une entité économique indépendante, garantie par une
responsabilité civile professionnelle, disposant d’une comptabilité propre, exercée par une personne
physique ou morale de la santé, du juridique, du technique, du culturel, du sport, du cadre de vie, de
l’enseignement, des nouvelles technologies et des multiples professions non réglementées.
650 000 professionnels, plus les conjoints bénévoles, appartiennent à plus de 200 professions. Ils
emploient 1 200 000 salariés. C’est pratiquement 25% des entreprises Françaises et 7% du PIB.
Leur progression démographique continuelle, année après année, ne se dément pas. Au point que les plus «
optimistes des utopistes » annoncent déjà la fin du salariat…
A suivre…
Bernard Broustine
Janvier 2009 © Le Chroniqueur
Commentaires