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Albert Londres 


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FRANCE SOIR paru le 05/11/1950 Savez vous que tout récemment, au cimetière d’Abrest, quelques bonnes âmes ont fait remettre en état la tombe d’un jeune combattant de 22 ans tué en septembre 1951 en Corée ?

Le
souvenir du sacrifice de ce jeune héros semblait à jamais perdu, enfoui au fin fond des oubliettes d’une Histoire qui semble devenir de plus en plus sélective.

En effet, qui se
souvient aujourd’hui encore de la guerre de Corée et des quelques trois mille volontaires français qui se battirent là-bas durant trois ans, de 1950 à 1953, contre les troupes communistes chinoises et nord coréennes, laissant 264 tués et plus de 1350 blessés ?

La mémoire partagée

C’est pour honorer la mémoire de ces combattants de la Liberté que Jean-Marie BOCKEL,
secrétaire d’état chargé de la Défense et des Anciens Combattants auprès du ministre de la Défense, a souhaité accompagner une délégation d’anciens du Bataillon de Corée de retour sur les lieux de leurs batailles. Des combats terriblement meurtriers finissant bien souvent au corps à corps. C’est à l’initiative de leur président d’association, Patrick BEAUDOUIN, député-maire UMP de Saint-Mandé, que la France et la Corée réalisent depuis l’an dernier le « Chemin de la mémoire ».

Il s’agit d’inaugurer, en application d’une convention de « la mémoire partagée
», des monuments commémoratifs sur les lieux même des combats auxquels participèrent les volontaires du Bataillon Français de l’ONU. De 1951 à 1953, dans des combats terriblement meurtriers finissant bien souvent au corps à corps, les Français ne reculèrent jamais sur les positions qui leurs étaient confiées par l’état major des troupes de l’ONU. Ils firent l’admiration de tous et reçurent de nombreuses distinctions. Le Bataillon Français fût cité quatre fois à l’ordre de l’Armée, reçut trois citations présidentielles américaines et deux citations présidentielles coréennes, fait unique dans l’histoire militaire française.*

En septembre 2007, une délégation de vétérans a inauguré les monuments des combats de
Twin-Tunnels, Chipyong-Ni, Hongchon, Kapyong et « Crèvecœur ». Cette année, ceux de Putchaetul et de Arrow-Head sont à l’honneur. Pour terminer ce chemin de la mémoire, il est prévu d’inaugurer encore le monument de la côte 1037, lieu d’un combat resté à jamais gravé dans les mémoires de ceux qui y participèrent le 5 mars 1951. Ce jour là, après plusieurs journées d’escalades épuisantes sur les pitons, sans avoir pris de repos, les Français se battirent par des températures avoisinants les moins trente degrés.

Salués par la population


La reconnaissance du peuple coréen est sans borne.
Cette année 2008, du 7 au 12 décembre 2008, une trentaine d’Anciens ayant vécu ces événements étaient accompagnés de Jean-Marie BOCKEL et d’une délégation de députés et de présidents d’associations du monde combattant pour un séjour de quatre jours au Pays du matin calme.

Sur place les cérémonies étaient réglées tel un métronome par l’armée sud coréenne, aucune
place n’étant laissée au hasard. La reconnaissance de ce peuple sortit de l’esclavage japonais en 1945 et délivré de l’asservissement communiste en 1953 est sans borne. Des associations coréennes entretiennent des liens d’amitié entre la population et les vétérans français qui sont reçus comme de véritables héros. Les cars transportant la délégation étaient ornés de banderoles précisant qu’ils véhiculaient des vétérans français de la Guerre de Corée. Ceux-ci étaient systématiquement salués par la population qui leurs adressait des grands signes amicaux. De son côté la délégation parlementaire, dirigée par le Secrétaire d’Etat, était reçue par le parlement sud coréen qui leur fit les honneurs de l’Assemblée.

Ambassadeur de la Paix 

Au-delà des commémorations
historiques, les rapports d’amitiés qu’entretiennent la France et la Corée du Sud permettent de développer les échanges commerciaux entre nos deux pays. La veille du départ, l’association des vétérans coréens organisa un grand banquet en l’honneur de leurs hôtes, anciens combattants et hommes politiques. Ce fut l’occasion pour six Anciens de se voir décerner la médaille d’Ambassadeur de la Paix, décoration décernée par la Korea Veterans Association qui dépend du ministère des Patriotes et des Anciens Combattants de la République de Corée. « Grâce à votre courage, vous avez permis à notre pays d’être libre et de connaître aujourd’hui un développement économique fulgurant.

Nous ne
vous en remercierons jamais assez. » Ces paroles furent sans cesse répétées par les autorités coréennes à nos glorieux Anciens durant leur séjour. L’ombre du Petit Père des Peuples semblait planer sur cet aéroport du bout du monde…


Le lendemain soir, après une visite au musée de la Guerre de Séoul et un dîner à l’hôtel,
vers minuit, l’avion qui devait ramener la délégation décolla d’Inchon pour Novosibirsk en Sibérie où il devait se ravitailler en carburant. Après six heures de vol l’avion atterrit sur l’aéroport russe à trois heures du matin (heure locale). Une heure plus tard, les passagers qui pensaient repartir apprenaient qu’une fuite de carburant d’un réservoir empêchait le décollage. Les passagers restèrent alors bloqués en Sibérie durant trente heures. Dans un premier temps ils durent se contenter du confort tout relatif du hall de transit. Les Anciens n’en étant pas à une campagne prés, ils acceptèrent avec bonne humeur cette campagne de Sibérie.

Des caméras derrière les portes

Spontanément un cœur se format et, en pleine nuit sibérienne, la
délégation eut droit au répertoire des chants de l’armée française. Ambiance irréelle et combien émouvante. Jean-Marie BOCKEL quant à lui dû rejoindre rapidement la France mais profita d’une escale à Moscou pour faire intervenir l’ambassade de France afin de débloquer la situation des naufragés de Novosibirsk.

Sur place, seul le conseiller parlementaire du Secrétaire d’Etat tenta de convaincre les
parlementaires d‘accepter les quelques chambres qui leurs étaient proposées mais ceux-ci refusèrent d’abandonner les Anciens à leur sort en hall de transit.

Finalement, grâce à l’intervention du Secrétaire d’Etat, le lendemain vers 16 heures des
chambres d’hôtel en quantité suffisantes furent mises à la disposition de l’ensemble des passagers. Tous purent alors profiter d’une soirée dans un hôtel proche de l’aéroport sans toutefois pouvoir sortir, la porte étant sous la surveillance d’un garde frontière régulièrement relevé. De toute manière par – 25° dehors et aucune monnaie locale, le choix était restreint. Curieusement, l’hôtel ne disposait pas de lignes téléphoniques internationales, les réfrigérateurs des chambres étaient vides et au bar les serveuses rechignaient à accepter les euros, certains diront même avoir aperçu des caméras derrière les portes de la salle de restaurant…

L’ombre du Petit Père des Peuples semblait encore planer sur cet aéroport du
bout du monde…

La fin du voyage se déroula sans encombre et les Anciens pouvaient rajouter la campagne de
Sibérie à leurs journaux de marche.


Nicolas Désert


* Pour en savoir plus, lire « Le Bataillon français de l’ONU – Corée 1950-1953 » de
Jean-François Pelletier aux Editions des Argonautes, 320 pages avec illustrations, 45 €.

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Commentaires

Bravo pour cette initiative, Maître
Merci à Nicolas Désert pour ce compte-rendu...
Le retour des membres de l'ANAAF-ONU et RC (quoique moi-même vétéran de Corée, je n'ai pas eu le privilège comme bien d'autres... de faire partie du voyage ministériel...) et, somme toute assez cocasse...
Pas trop belle l'image à l'international... Les Coréens, entr'autres, ont du sourire.
Les attachés militaires et les attachés d'armement à Séoul ont un peu merdé sur ce coup.
D'ailleurs, au lieu de se balader sur les pitons en solo et d'inaugurer des stèles (une manie bien de chez nous...), les responsables auraient mieux fait de de s'occuper de promouvoir nos matériels.
Le KTX (TGV) c'est bien loin déjà..
On a loupé le marché du Rafale...
Pendant ce temps, les Allemands, qui n'ont jamais été là haut, vendaient 6 sous marins alors qu'on fabrique d'excellents "Scorpènes"...
Bon.
Léon C. ROCHOTTE
French Kor and Nam Vet Navy

Eh oui, on y était aussi en... 1950
Commentaire n°1 posté par Léon C. Rochotte le 28/02/2009 à 19h26
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