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"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
Graal
des temps modernes, le permis de conduire occupe encore plus l’esprit de nos jeunes que le baccalauréat ;
et pourtant les statistiques catastrophiques démontrent le réel besoin de procéder à une refonte en
profondeur de l’examen du permis de conduire.
21% des tués sur la route ont entre 18 et 20 ans et 54 % est le taux de réussite des 800 000 candidats
annuels à cet examen.
Outre ces chiffres inquiétants, le côté financier de l’affaire n’est pas à négliger : 1500 € correspond à
la somme moyenne qu’il faut débourser pour obtenir le petit papier rose et ce, au bout d’un délai parfois
très long (jusqu’à huit mois pour une seconde tentative).
Priorité à l’ordinateur
Qui ne se souvient de ces samedis après-midi passés au fond d’une petite salle à tenter de décortiquer les
questions et déjouer les pièges des photographies durant l’inévitable séance de diapos, comptant parfois
(ou souvent) sur la chance… Désormais le Code de la route s’apprendra sur ordinateur et les questions «
tordues », subtilités de rédacteurs non moins tordus, ne seront plus de mise.
La priorité à l’enseignement des règles de conduite devient réalité. Voilà pour le côté tête, voyons
maintenant pour le côté jambes. L’épreuve tant redoutée de la conduite, trente-cinq minutes de stress, devrait être également revue. Finit l’inspecteur en attente de la faute éliminatoire, source d’angoisses pour le candidat, désormais la capacité à conduire résultera d’un bilan de compétences qui devrait mieux rendre compte de l’aptitude du candidat à la conduite.
Un bon point : la conduite accompagnée
Le meilleur moyen d’apprendre les règles de circulation et la conduite elle-même passe aujourd’hui par la
conduite accompagnée. Les chiffres, une fois encore, le démontrent : 70% de taux de réussite à l’examen
pour les adeptes de la conduite accompagnée contre 48 % pour les non initiés à ce mode d’apprentissage.
Cependant, seulement un cinquième des postulants au permis de conduire optent pour cette formation. Et
pourtant, aujourd’hui les jeunes conducteurs ne disposent que de six point sur leur permis et il leur faut
attendre trois ans pour obtenir les six autres points alors que deux ans suffisent aux élèves de la
conduite accompagnée.
Avec la nouvelle mouture, ces derniers pourront récupérer des points dés la première année, s’ils n’ont
commis aucune infraction.
Un rendez vous citoyen de plus…
Le Gouvernement semble apprécier ce type de rendez vous avec les jeunes. Après la suppression du service
militaire, remplacé par la journée citoyenne (contre versée), voici poindre le rendez vous de « se bien
conduire ». Il s’agira de retrouver en groupes les jeunes conducteurs à l’issu de leur six premiers mois de
conduite. Ces rencontres devraient permettre de débattre des problèmes rencontrés, des mauvaises habitudes
prises, des moyens d’y remédier etc. Seule ombre au tableau, ce rendez-vous sera payant, quelques
dizaines d’euros.
On peut alors se demander pourquoi avoir lancé il y a trois ans un permis à 1 euro par jour (financé par un
prêt à taux zéro) pour annoncer aujourd’hui une petite « rallonge » prévisible… Le côté financier du permis
de conduire reste entier ; les jeunes qui ont le plus besoin de ce permis accessible peinent à trouver
quelqu’un qui peut se porter caution, les banques refusant de remplir cette mission. Une idée se
profile, ce rôle pourrait être rempli par les compagnies d’assurances et autres compagnies pétrolifères ou
sociétés d’autoroutes.
Dépoussiérage important
Autre piste, le « Livret d’épargne conduite » à taux de rémunération attractif et à usage strictement
réservé à l’examen du permis de conduire. Des délais réduits. Dernier point qui devrait faire l’objet d’un dépoussiérage important, les délais actuellement beaucoup trop longs entre deux présentations à l’examen si besoin est.
Le système d’inscription à la formation à la conduite est également beaucoup trop lourd, dans
ce domaine. Aussi l’ordinateur devrait pouvoir faire son apparition, remplaçant enfin les enveloppes kraft transitant laborieusement dans nombreux services et sur les innombrables bureaux d’une administration que le monde entier nous envie…
Nicolas Désert
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