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"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
Que de choses graves se produisent en ces heures : Navarro s’en va, Besancenot s’en vient...
Vous me direz que le départ à la retraite du commissaire mythique qui sécurisait nos fins de soirée n’a rien à voir avec l’arrivée sur le marché médiatique du pimpant pédaleur révolutionnaire qui
terrorisera, du moins on l’espère, nos lendemains.
Et pourtant l’un comme l’autre doivent beaucoup à l’écriture, à la mise en scène, au marketing et… au président de la République. Navarro doit beaucoup à François Mitterrand et Besancenot doit
énormément à Nicolas Sarkozy.
Les Mémoires d’outre-tombe
Pour 23 % des Français, Olivier est, devant Martine Aubry, le meilleur opposant au Président. Sarkozy a eu tort de jouer avec le facteur hasard, l’histoire enseigne à ceux, de plus en plus rares,
qui la méditent qu’elle n’agit jamais comme on le souhaite. Les Mémoires d’outre-tombe du vicomte de Chateaubriand fourmillent de leçons sur ce point.
Comme Navarro, Besancenot est un petit héros récurrent.
Le chômage illégal
Il a un texte à dire, une gestuelle à montrer, une indignation à vendre qui, pour l’instant, ne rencontre aucune réalité qui pourrait le contredire. Il peut même se permettre de déclarer le
chômage illégal. Il s’enveloppe dans les houppelandes romanesques de Che Guevara et de Hugo Chavez qui a la chance de se prénommer Hugo.
Qu’importe les crimes commis par le Che, tout le monde s’en fout aujourd’hui au motif que, même quand l’historien a raison et que le poète a tort, c’est le poète qui a toujours raison.
On ne peut rien faire contre la vision romanesque sur laquelle chevauche le fantôme de Che Guevara.
Opération de béatification
A l’extrême droite on a réussi à diaboliser Le Pen, pourtant si proche de Jeanne d’Arc, tandis qu’à l’extrême gauche l’opération de béatification béate continue son chemin…
Besancenot le bien-aimé des médias…
La différence entre lui et Navarro, c’est que lui, il s’inscrira un jour dans la réalité, tandis que Navarro restera dans nos rêves.
Gilbert Collard
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