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"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
Dans
la série Coupables hier, coupables aujourd'hui ?, qu'il présente tous les jeudis sur Planète justice, Gilbert Collard revient sur les grandes affaires criminelles à la lumière
des nouvelles technologies.
À l'Hôtel Louis II, où il descend lors de ses séjours parisiens, nous avons rencontré ce ténor du barreau pour parler de la télévision qu'il aime... ou n'aime pas.
TVmag : Chez vous, le téléviseur est-il un objet très présent ?
Gilbert Collard : - J'en ai dans toutes les pièces. Dans le salon, la salle à manger, la cuisine, les chambres de mes filles... Je me fiche du modèle, de l'écran, mais
les télévisions sont allumées souvent.
Êtes-vous un grand téléphage ?
- Pas vraiment. Mais, comme j'ai du mal à rester en place plus d'une demi-heure, je regarde la suite du programme en passant d'une pièce à l'autre. Je suis un téléspectateur
nomade.
Que regardez-vous en particulier ?
- Surtout des DVD ! Et les informations.
Avez-vous des journalistes préférés ?
- Non, même si je les connais dans la vie, quand ils sont à l'écran, je les oublie. Je ne fais que les entendre.
Et en dehors des JT ?
- J'apprécie La Chaîne parlementaire, La bibliothèque Medicis en particulier. J'y apprends beaucoup de choses. J'aime tout ce qui a trait à l'histoire : les documentaires, les fictions, comme
Rome ou Les Tudors, les reconstitutions... Même si je ne suis pas d'accord avec la version de Malaterre sur l'assassinat d'Henri IV, que France 2 vient de
diffuser.
Que pensez-vous du magazine Faites entrer l'accusé, de Christophe Hondelatte ?
- C'est très bien fait. Il va même très loin. Mais j'aimerais qu'il aille encore plus loin. Qu'il dise ce que chaque fait divers révèle sur l'état général de la société. Il faudrait faire la
« théologie » du fait divers.
Y a-t-il des programmes que vous regardez en famille ?
- Le grand cabaret, avec mes filles de 21 et 13 ans. J'ai l'impression de les emmener au cirque. C'est un vrai spectacle.
Et les Miss France, puisque vous êtes le défenseur d'une ancienne candidate ?
- Jamais. Ce n'est pas parce que c'est une cliente que je dois regarder l'émission ! Les talk-shows non plus ne
m'intéressent pas.
Avez-vous des souvenirs d'enfance liés à la télévision ?
- 36 chandelles, de Jean Nohain. Et, bien sûr, La caméra explore le temps, Les dossiers de l'écran, où l'on réfléchissait sur le fait divers. À mon avis, la plus belle émission. J'ai aussi
des souvenirs presque freudiens de Gargantua dans Le théâtre de la jeunesse.
Aimez-vous passer à la télévision ?
- Pas du tout. Je préfère écrire. Mais j'ai aimé, au moment du bicentenaire de la Révolution, rejouer en direct le procès de Louis XVI avec Pierre Duc, Marcel Maréchal, Fabrice Luchini... J'étais l'avocat du peuple, Jacques Vergès celui du roi.
Auriez-vous aimé être comédien ?
- Oui, si mes parents ne m'avaient pas obligé à faire du droit d'abord. Et puis j'ai réalisé que là, qu'on soit bon ou mauvais, on a un public qui est obligé de
venir...
Pourquoi cette émission sur Planète justice ?
- Grâce aux nouvelles technologies, comme l'ADN, à condition d'avoir gardé le matériel en bon état, nombre d'affaires polémiques de ces cinquantes dernières années trouveraient une solution
si elles étaient révisées. Nous revisitons donc les affaires Ranucci, Villemin, Haddad...
Élisabeth Perrin pour TVmag
Source :
http://www.tvmag.com/article/people/42785/la-tele-de-me-gilbert-collard.html
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