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"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
Alors voila, les Français de tout bords manifestent leur ras le bol !
Vous me direz, ce n’est pas la première fois et ce ne sera certainement pas la dernière, mais il y a une notion fondamentale qui a changée : aujourd’hui, la République est au pied du
mur.
C’est du moins le sentiment qui prédomine tant les revendications des manifestants dépassent de beaucoup la sphère sociale connue.
Victime de ses idées
Délaissons un peu les manifs habituelles de la métropole pour poser pied en Guadeloupe. On ne va pas revenir sur les sujets qui motivent ces contestataires car nous les connaissons tous depuis
bien longtemps déjà. La crise, si on peut ainsi la nommer, n’ayant pas vraiment aidé, une manifestation en entraînant une autre plus protestataire encore, le ton est donné et soudain, dans le
brouhaha frondeur, c’est un homme qui tombe à terre victime de ses idées, ou plus justement, victime des balles de celles des autres.
Cela s’est passé en Guadeloupe, donc en France pour ceux qui ne le sauraient pas encore, et ce syndicaliste décédé est bien vite devenu un martyr de la cause syndicale pour tous ceux qui
désormais se reconnaissent en lui. Un rassemblement à sa mémoire organisé sur l’esplanade des Invalides à Paris, de marches silencieuses en cortèges vindicatifs, la radicalisation est au
programme et semble soudain prendre des proportions que l’Etat n’avait semble t-il pas mesurées.
Le petit peuple qui gronde
Les Dom c’est très loin et pourtant, le front d’une dépression tout droit venue de Guadeloupe touche soudainement la métropole. Réveil de la gauche qui sortie de sa profonde léthargie semble
trouver une solution pour sortir de l’impasse sociale en apportant sans réserve son soutien aux travailleurs et travailleuses des iles lointaines. Pour les plus chanceux d’entres eux, soleil à la
clef. Besancenot à troqué son vélo pour un bermuda et des lunettes de soleil, tandis que José Bové songe déjà à l’agriculture sans pesticide sur
l’île aux belles eaux. La récupération politique de la situation par la gauche à sonné alors que du coté de la majorité, le silence le plus absolu des uns côtoie les mesurettes les plus polies de
notre président pour tenter de calmer le petit peuple qui gronde.
Yves Jégo annonce de la transparence en plein brouillard tandis que pour attendrir un peu les manifestants, Michèle Alliot-Marie se décide à envoyer quatre escadrons de gendarmes mobiles
supplémentaires. Voila de quoi rassurer.
Cela suffirait donc pour le gouvernement à calmer les ex-colonies Françaises ?
Se pourrait-il que les revendications des grévistes sur les salaires ou la vie chère ne soient pas vraiment le cœur de la contestation de cette grève générale ? Annonciatrice d’une levée de
bouclier dans les prochains jours, la révélation du fond de la grève générale pourrait bien déclencher une dissonance des plus désagréables pour le gouvernement. En effet, la vraie revendication
de ceux des DOM, c’est la question du rapport entre eux et la république.
Et oui, tout comme nous, ils sont Français et pourtant depuis l’esclavage à la départementalisation, à aucun moment, on a demandé à ces populations d’outre mer ce qu’elles voulaient ! Et sur
place, bien plus que l’abattement, c’est un regain de fierté qui domine. Pour ces manifestants pacifiques, de tels événements n’auraient pas pu se produire il y a dix ans. Cent soixante ans pile
après l’abolition de l’esclavage, en 1848, les Antillais se seraient enfin réconciliés avec leur histoire ?
Du concret pas des paroles, mais...
Concernant les solutions du gouvernement, les grévistes réagissent avec méfiance aux initiatives de l'exécutif pour débloquer le conflit : enveloppe de 580 millions d'euros pour les DOM et
majoration du RSA. La majorité des syndicats et des collectifs ont jugés les propositions de Nicolas Sarkozy de « particulièrement floues ». Yves Jégo, quant à lui toujours aussi
optimiste déclarait qu’il restait « prudent » quant aux chances de réussite de l’accord.
Alors, les mesures gouvernementales, un geste pour amadouer les Guadeloupéens ou bien une véritable avancée ? Toujours est-il que silencieux depuis deux mois sur ce conflit sans précédent en
France, le président conscient de la problématique a annoncé qu’il comptait se rendre sur l’ile « dès le calme revenu ». Sur ce point on
peut affirmer que le mot « calme » est un adjectif bien trompeur sous les tropiques.
Pas dupes pour un sou les Guadeloupéens ne se laissent pas compter fleurette par le gouvernement : ils veulent du concret pas des paroles. Et c’est là que nous montrerons toute l’incivilité
de ces manifestants. Avec des dizaines de barrages qui continuent à paralyser l’archipel ; Pointe-à-Pitre dévastée, jonchée d’ordures, de véhicules calcinés et de débris ; des touristes
évacués en masse pour cause de fermeture des hôtels qui n’ont plus de personnels et ne peuvent plus s’approvisionner ; entre deux arrêts de travail des bagagistes des kyrielles de passagers
et de touristes citoyens sont à l’amende.
Et là, je ne vous parle pas des trois heures de queue pour mettre quinze litres de super sans plomb dans le réservoir de la BMW de location pour faire le tour de l’ile. Ah non, ça chers lectrices
et lecteurs, je ne vous en parlerai pas !
L’affreuse vérité que l’on souhaite nous cacher
Ce dont je vous parlerai, c’est de José Bové qui en rassembleur syndicaliste des foules s’est fait acclamer. Sous les hourras enjoués, il a dénoncé «l’ordre néocolonial qui règne en Guadeloupe»
et «la politique de l’économie de comptoirs qui se fait au détriment de la population». Tout en se frottant la moustache, il a même ajouté que «Ce n’est pas seulement l’Etat qui doit mettre la
main à la poche, ce sont les patrons de Guadeloupe». On l’aime ou on ne l’aime pas, mais se trompe t-il vraiment sur cette affirmation ?
Quel lourd secret portent donc les DOM ?
Quelle est donc l’affreuse vérité que l’on souhaite nous cacher en métropole ?
Et bien aujourd’hui profitez en car la vérité que les journalistes ne disent pas, notre journal va vous l’apprendre. La vérité, chers lecteurs, est celle que vous pourrez lire ci
après.
Saviez-vous que Les DOM-TOM (environ 520 euros par habitant et par an) coutent moins chers que la Corse (2400 euros par habitant et par an) ou la
métropole (1200 euros par habitant et par an) ? Vous ne le saviez pas et nous vous pardonnerons cette erreur en vous invitant à lire de très près le rapport de Patrick Karam, délégué
interministériel à l’égalité des chances des français d’outre mer. Par ailleurs, sachez que sans les DOM-TOM la France ne posséderait pas la 3eme
zone maritime mondiale ni aucun droit sur les droits de douane et passage pour le Canal du Panama (grâce aux Antilles) et du Canal de Suez (La Réunion).
Renseignez vous !
Bernard Pons disait lui même en 1986 que les DOM-TOM rapportaient à la France « largement plus que ce qu'ils lui coutent ». De plus, petit écueil dans l’idéal Gaulois, les Antillais
sont français, cotisent et paient des impôts comme n'importe quel français, alors qu’ils sont en réalité plus taxés que les métropolitains. Et oui chers métropolitains, là-bas, en plus de la TVA,
ils paient 3 taxes d'octroi de mer sur tous produits importés, et paient également des impôts locaux aussi élevés qu’en Région Parisienne. Alors la vieille idée reçue que les Antillais vivent
grassement sur les impôts de leurs compatriotes de métropole en prend un sérieux coup. Alors pourquoi donc bloquer les DOM-TOM ? Une petite piqure de rappel !
Exonérations de charges et défiscalisation
En premier, les manifestants ne demandent rien à l’Etat. Ni argent, ni RSA, ni monnaies sonnantes et trébuchantes. Ce sont les patrons (Béké en Créole) qui les ont sollicités de l'Etat.
Pourquoi ? Simplement parce que ces derniers ont voulu tirer partie de la grève en demandant une énième aide en échange d'une augmentation des salaires les plus bas. Et pourtant, ils ne sont
pas vraiment à plaindre. Ils bénéficient déjà d'exonérations de charge, de la défiscalisation, de nombreuses aides qui proviennent de l'Etat et de l'Europe et la liste n'est pas
exhaustive.
En second, la rumeur comme quoi les manifestants ont demandé l'indépendance n’est bien qu’une simple rumeur. Essayez donc de trouvez une seule demande, un seul tract de la part des manifestants,
vous ne le trouverez pas. Le choix d’être français a été tranché à maintes reprises (référendums de 1946, de 1962 et 2003). Les Guadeloupéens ne demandent qu'une chose, l'EGALITE DES DROITS pour
tous les Française de Métropole et d'Outre-mer. Par ailleurs, l'indépendance ne se donne pas, elle se prend et se conquiert par les peuples. Sachez que la Guadeloupe est française depuis
1635.
Au grand dam de nos amis ségrégationnistes, Les Guadeloupéens ne sont ni xénophobes, ni racistes !
Ce sont les "békés" qui vivent entre eux, se marient entre eux, travaillent entre eux en excluant les Antillais. D’ailleurs les Antillais sont tous plus ou moins métissés ! Vous ne trouverez
aucun cadre de direction dans les entreprises tenus par eux, les annonces d'emplois ne paraissent même pas en Guadeloupe, mais directement en France, via des cabinets de recrutement. Ils vivent
et côtoient les descendants des esclavagistes d’autrefois et à ce jour les antillais n'ont jamais eu l'attitude que eux ont envers nous.
La demande qui fâche !
Alors, les manifestants demandent 200 € d'augmentions pour plus les bas salaires. L’état cède du terrain et divise l’addition, entre lui, le département et le Medef qui a claqué la porte. Et
pourtant, cette revendication est légitime ; comme expliqué plus haut les patrons antillais bénéficient de nombreuses aides qui leur permettent d'empocher de substantiels bénéfices. Ces
aides venant de l’Etat se sont vous, nous qui les payons pour enrichir des patrons qui exploitent les Antillais. A savoir que le salaire d'un antillais est de 20% à 30% voir 50% inférieur à ceux
proposés (à compétence égale) en métropole.
Quand on sait que là bas tout coute plus cher de 20% à 30% comment voulez vous que les gens s'en sorte ? Comment peut-on croire qu'avec un cout de production moins élevé et de telles majorations
de prix les patrons antillais prétendent ne pas pouvoir augmenter les salaires ?
Sans oublier que études ou non, le smic vous sera généreusement proposé, car les emplois sont rares les patrons en profitent pour sous payer leurs employés.
N’y a-t-il pas soudain quelque chose qui vous chagrine dans ce petit paradis ?
Une conclusion s’impose : La fin du système néocolonial (exclusivité de la métropole et application stricte des lois de la République) et de l'exploitation, voila ce que les Guadeloupéens
demandent. Ils réclament que l’on leur donne les moyens de travailler et de vivre de leur travail et non du RSA ou autre RMI.
Qu'on arrête de donner des sommes exorbitantes, sans contrepartie, sans aucun contrôle a des patrons qui ne font que s'enrichir en exploitant le coté insulaire de la Guadeloupe et leurs
habitants.
Que ces dites sommes servent à développer l'économie, a payer décemment les salariés pour qu'enfin l'économie de la Guadeloupe ne repose pas uniquement sur le tourisme. Que les abus soient
réprimandés : fin du monopole de certaines familles qui empêchent la concurrence, veille des prix, contrôles serré des sommes envoyés par l’Etat et l’Europe.
Irresponsabilité notoire et cohésion de la nation
L’Etat aurait tout à gagner à développer des partenariats avec les autres iles des Caraïbes (Puerto- Rico, Saint-Domingue, Trinidad) avec les autres continents, la Guadeloupe est à quatre heures
de l'Amérique du Sud et à deux heures des USA. Les Guadeloupéens sont des Français à part entière qui, aussi incroyable que cela puisse paraître demandent simplement à le devenir vraiment.
Certains affirment que le fait qu’un très petit pourcentage de "békés" qui détiennent une énorme proportion des terres et du pouvoir économique prouve l’essence profondément raciste du système en
Guadeloupe. C’est une réalité ; mais ils utilisent cette « réalité » pour en déduire trop facilement ce qui les arrange.
En France métropolitaine, le phénomène est, à peu de choses près, exactement le même : quelques dizaines de familles détiennent depuis fort longtemps un pourcentage absolument disproportionné des
richesses nationales. Sont-elles racistes pour autant ? La question n’a plus lieu d’être posée en ces termes. Elles « exploitent » tout simplement ceux qu’elles ont sous la main, comme jadis les
ouvriers de la soie, et les exemples du même type sont absolument innombrables.
Explication permanente du monde
Qu’une partie des richesses doive être redistribuée cela parait parfaitement naturel. Faire d’un conflit social un conflit totalement racial est actuellement la preuve d’une assez grande
malhonnêteté intellectuelle et d’une irresponsabilité notoire en ce qui concerne la paix civile et la cohésion de la nation.
Invoquer sans nuance le racisme comme explication permanente du monde revient décidément à se déconsidérer soi-même sans grand espoir de retour. Les racistes existent encore, certes, mais ils ne
constituent plus l’explication globale de la complexité morale, technique, sociale et économique à laquelle nous sommes désormais tous confrontés. Ceux qui soufflent sur les braises de la
pseudo-révolution romantique et guévariste sont irresponsables et dangereux.
La paix sociale n’est pas un plateau de jeux non-virtuel pour soixante-huitards attardés. Ils se reconnaitront et nous les avons déjà évoqués,
certains lunettes de soleil sur le nez et arborant fièrement un tee-shirt syndicaliste à l’effigie de Che Guevara, le nouveau Christ des masses, tandis que d’autres plus terroir se cherchent un
nouveau souffle politique en utilisant les erreurs gouvernementales pour se montrer.
La Bête humaine de Zola n’était pas forcément noire, et la chair à usine de cette époque finalement pas si lointaine. Alors cette vérité n'est-elle qu'une utopie : un film en cinémascope
?
Silence ! On tourne…
François Togis
Février 2009 © Le Chroniqueur
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