Bienvenue sur le Blog !
"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
Voici plus d’un an que le réseau de caméras de vidéosurveillance a été installé à Vichy.
Dans la logique, nos concitoyens pouvaient désormais vivre et dormir tranquilles, l’Œil était dans la pénombre en regardant chacun.
Mais déjà à l’époque, on se demandait bien pourquoi dans une ville où, selon nos édiles, il ne se passait jamais rien, une telle installation était rendu nécessaire ?
Corbeilles municipales
Pour rassurer nous répondait-on. Mais pourquoi rassurer si tout va bien ?
Il est vrai que la période électorale se prêtait aux investissements rassurants : le remplacement des corbeilles municipales, les changements d’ampoules sur les réverbères, la brigade verte
destinée à traquer le SDF, les caméras de surveillance et autres gadgets certes onéreux, mais ho combien rassurant pour une population qui, elle, vit et habite dans la cité bourbonnaise.
Les élus devenaient soudain très soucieux de leurs électeurs, pardon, de leurs concitoyens.
Les habitants laissés dans l’ignorance des résultats.
Les caméras installées à grand renfort d’articles flatteurs dans la presse locale, nous pouvions espérer un compte-rendu sérieux et objectif (sic) quant aux résultats à l’issue d’une première
année d’exercice de cette coûteuse installation. Les élus ne sont-ils pas comptables des deniers de la commune ?
Que nenni ! Nous avons tout juste eu droit, comme à l’accoutumé, à un énième article bien pensant et politiquement correct de la presse locale sur les bienfaits de l’investissement décidé
unilatéralement par notre maire fantôme.
Crimes et délits
Car enfin, tout le monde a en mémoire les effractions du tabac-presse situé au carrefour des Quatre-Chemins, cassé deux fois sous l’œil somnolant de la caméra pourtant placée juste en face !
Les Vichyssois gardent en souvenir les tristes évènements du 4 juillet dernier qui ont malheureusement démontré l’incapacité de la vidéosurveillance à éviter les crimes et délits ; et ce ne sont
pas les propos « à la botte » et très politiquement corrects du Commissaire de Vichy qui contrediront les chiffres.
Il admet d’ailleurs que la délinquance générale a augmenté dans notre ville, sans toutefois nous en donner les chiffres… Voici pourtant une information qu’il serait intéressant de
communiquer à nos concitoyens. Pourquoi garder cachées dans les tiroirs du Commissariat et de la Mairie ces statistiques qui concernent le contribuable ?
Aimer Vichy en habitant Paris
Le seul chiffre annoncé est une diminution de 2% de la délinquance de proximité. La «diminution» annoncée est faible et très ciblée : la délinquance de proximité !
Mais nous aimerions connaître surtout le taux des « augmentations » et leurs domaines propres ?
Quand on sait qu’au niveau national les vols à main armée dans les commerces de proximité ont augmenté de 15%, la situation criminalistique et délictuelle de notre ville nous intéresse au plus
haut point, au même titre que le classement de notre hôpital, n’en déplaise à ceux qui nous font croire aimer Vichy en habitant Paris….
Mais, comment cela marche-il ?
Et pourtant dans la presse locale, car bien élevée (et réciproquement), le journaliste Ducros se décarcasse pour convaincre ses lecteurs du bien fondé d’un tel investissement.
Le Maire s’y répand en autosatisfaction, exercice dans lequel il excelle, il faut le reconnaître.
Mais là où on se rend compte qu’on nous prend vraiment pour des imbéciles, c’est dans l’explication fumeuse de l’utilisation des caméras, lisez plutôt :
Parabole sur La Montagne du 26 janvier 2009 selon Saint-Bénilde :
Dans cet épître de Saint-Bénilde aux Vichyssois, le prédicateur nous explique en préambule que « les caméras sont surtout très utiles dans les situations de flagrant délit ».
Mettons nous donc dans ce cas de figure et que se passe t-il ?
L’explication suit : Il faut d’abord qu’ « un requérant nous informe d’un fait et donne un signalement ». Triste constat avoué du fait qu’aucun fonctionnaire de police ne soit dédié à la
surveillance des écrans, mais que les services de secours attendent l’intervention des citoyens, un comble !
Ensuite il faut que « le chef de poste regarde son écran et se focalise sur le secteur concerné » Confirmation donc qu’avant cette manœuvre, l’écran pouvait renvoyer n’importe quelle image de
crime ou délit, ceux-ci passaient inaperçus car personne ne regardait l’écran, délit flagrant ou pas !
On est rassuré
Si tout est réalisé en un temps record et si les délinquants sont restés sur place après leur forfait, visages découverts (espérons-le), alors «la caméra permet de repérer le ou les suspects, de
les suivre et, ainsi, de donner des indications précieuses aux patrouilles».
Cerise sur cette tarte à la crème : « les images enregistrées ne peuvent pas être travaillées après coup ». Et pour mettre au point cette fumeuse stratégie, on nous explique qu’ « il a fallu un
peu de temps avant que les personnels se familiarisent avec le nouvel outil ».
Mais on est rassuré, « les caméras sont appelées à voir plus clair cette année ». Ce n’est plus de la vidéosurveillance, c’est vidéo gags.
Les vrais chiffres de la délinquance à Vichy :
Tout cela est très divertissant, tant mieux car actuellement on ne rechigne pas à profiter de chaque occasion qu’il nous est donnée de sourire. C‘est fait, nous avons bien ri, remercions tous les
intervenants précités. Mais redevenons sérieux.
Maintenant nous aimerions connaître les vrais chiffres de la délinquance à Vichy.
Le nombre d’agressions sur les personnes, le nombre de dégradations volontaires sur les biens publics et sur les biens privés, celui des vols à l’arraché et des cambriolages, le nombre de
plaintes enregistrées pour violences, le nombre d’accidents de la circulation, le nombre de violences verbales et autres « incivilités ». Bref, nous souhaiterions connaître l’état des lieux de
notre ville en matière de sécurité.
Nous attendons avec impatience un prochain sermon dans La Montagne de Saint-Bénilde dans la rubrique « La voix de son maître ».
Nicolas Dessert
Mars 2009 © Le Chroniqueur
Commentaires