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"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
Paradoxale alimentation qu’une publication scientifique borne, vérité ici, erreur au-delà.
Hier encore, l’alimentation dite bio issue de l’agriculture biologique régnait en maîtresse sur les prés verts de nos nappes bucoliques. On mangeait bio avec la certitude de mieux manger, de mieux se porter, de mieux dormir, de mieux vieillir. On était dans son assiette, découpant en rondelle la ronde inaltérée des saisons authentiques : tomate au goût d’été, fruit au goût de soleil, verdure au goût de pluie, le bonheur était dans le pré. Et voilà qu’une étude britannique publiée dans The American Journal of Clinical Nutrition annonce que les aliments bio ne sont pas plus sains que les aliments ordinaires et n’offriraient pas d’avantages nutritionnels supplémentaires, que ce soit en ce qui concerne les apports en calcium, en fer, ou en vitamines C. La conclusion de cette étude tombe comme une pluie brutale sur un paysage idyllique : « du point de vue de la nutrition, il n’y a actuellement aucun élément en faveur du choix de produits bio plutôt que d’aliments produits de manière conventionnelle ». Evidemment du côté des bio, cette étude est contestée au motif qu’elle ne tient aucun compte « des méthodes de l’agriculture biologique respectueuses de l’environnement et donc de la santé des consommateurs ». L’enjeu est de taille : un marché de 2,5 milliards d’euros, et qui marche bien. On aime bien faire son marché bio. On a l’impression de se promener dans les villages d’autrefois. Etre bio ou ne pas être bio ? Telle est la question. L’agriculture bio a au moins deux mérites, le premier poétique, le second technique. Si l’on en croit le grand diététicien Jean TREMOLIERES, la dimension affective compte dans la nourriture. L’alimentation bio a le mérite, au moins, de transmettre une certaine idée de la nature. Elle véhicule un peu l’autrefois des champs et des moissons. Et puis, elle est moins chargée de tous les résidus de pesticides et autre polluants contenus dans les produits de la culture industrielle. Ça compte ! A supposer cette étude anglaise fondée, il reste que l’alimentation bio, de toute manière, pollue moins, même si elle n’apporterait rien de plus du point de vue de la santé et du goût. De fait, plus il y a d’agriculture bio, mieux se portent les nappes phréatiques et les rivières actuellement saccagées par les produits chimiques. Entre le bio ou le pas bio, il faut attendre la prochaine étude qui d’ici là ne nous coupera pas l’appétit.
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