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"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
La cruauté, au sens de la loi pénale, envers un animal est considérée par beaucoup de criminologues comme un signe évident de dangerosité. L’homme ou la femme qui est capable de faire souffrir un animal sans défense est une brute plus bête que la pauvre bête. La sensibilité à la douleur de nos amis n’est pas non plus un signe indiscutable d’humanité : Goebbels rentrait chez lui le soir à bottes feutrées pour ne pas réveiller ses canaris et Himmler ne pouvait supporter la corrida qui n’a rien à voir, loin s’en faut, avec les horreurs dont on parle.
Il a un joli petit nom de danse cubaine, Mambo, le chien errant dont on ne dit pas la race, parce qu’elle est de celle improbable de la rue, la plus noble des races, la roturière, native des roulements de roulottes sur le pavé. Ce petit chien efflanqué, au regard effrayé, martyr de la connerie de deux jeunes, lui 17 ans, elle 22 ans, a été aspergé d’essence et brûlé sur tout le corps. La jeune femme qui aime les flammes sur les poils d’un chien a reconnu avoir agi par… désœuvrement. Poursuivie devant le tribunal correctionnel pour acte de barbarie et de cruauté envers les animaux, elle a avoué avoir tenu le chien qui attendait des caresses pendant que son copain jetait l’essence et mettait le feu. Ce petit bûcher vivant, gesticulant, criant, a été allumé, dit-elle, pour, en forme d’excuses, les distraire de leur ennui. Ce qu’on ne ferait pas pour s’occuper un peu ! Elle a été condamnée à six mois de prison ferme et Mambo a été brûlé au troisième degré. Le jeune incendiaire, lui, mineur, sera jugé en décembre.
Mambo devient une vedette des médias. Il faut reconnaître que son image d’éclopé décharné, tout bancal sous ses bandages, animal muet, fait le tonnerre des silences de Goya. Alain Delon et Michel Drucker ont sincèrement apporté leur concours pour aider Mambo. Sa notoriété aujourd’hui fait concurrence à Saucisse. Il rejoint désormais dans le Who’s Who des chiens de l’histoire, Milou, Rintintin, Rantanplan, Lassie, Belle, et, plus proche de lui, le clochard. Tant de méchanceté, de cruauté, d’envie d’infliger de la souffrance pour rien, sinon pour le plaisir de faire souffrir, déverrouille le puits profond de la bestialité humaine. On est tous au-dessus cherchant à regarder le fond…attention au reflet.
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