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 "Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"

Albert Londres 


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Voilà quelques jours, du balcon de l’édition, l’ancien Président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, laissait tomber les bonnes feuilles de son livre, «  La Princesse et le Président ». Dans ce livre écrit, paraît-il, avec tous les flon-flon de la rom     ance à l’eau de rose, le Président raconte une liaison amoureuse avec Lady Di, princesse de Galles, au point de semer le trouble amoureux dans les chaumières où l’on sème de longues habitudes tricotées dans l’ennui. La France qui n’a pas d’autre problème aujourd’hui s’interroge. L’histoire est-elle vraie ?  Sous le crâne forcément Shakespearien de Giscard roucoulait-il un Don Juan capable de transporter la Tamise à Venise ? Ce Président, quelque peu monarchique, méritait-il de rajouter des fleurs de « lit », cette antichambre du plaisir, comme le dit le poète, à son blason ? Il affirme avoir inventé, vantard, cette histoire. Dans ces conditions s’interrogent les émules de l’érotique Miss Marple reine pudique des confitures et du thé anglais, pourquoi avait-il songé à prendre un pseudonyme. Interrogé, lumière tamisée dans le visage, l’ancien Président tempère sans nier clairement : «  n’exagérons rien, je l’ai connu un peu, dans un climat de relation confiante. Elle avait besoin de communiquer (…) j’ai voulu lui rendre hommage (…) ces sentiments profonds, c’était la déception et le besoin d’être aimé ». Et nous qui pensions que les affaires d’Etat mettaient nos supposés grands hommes à l’abri des intermittences du cœur. Ils avaient d’autres soucis… on est un peu fier le coq gaulois a poussé son petit cri de conquête, et la légende du charmeur vieillissant aux yeux pleins d’une lumière libertine éclaire les vieux jours de l’académicien verdoyant d’une ambivalence faunesque. Faut-il en rire ? où est l’élégance dans tout cela, tant à l’égard de Lady Di, que d’Anémone, sur laquelle souffle un air de cornemuse peu conjugal. Nul à ce jour, sauf inadvertance, n’a songé à l’épouse discrète de l’Auvergnat séducteur qui, sous les balcons de Vérone, joue de l’accordéon. D’elle, l’épouse, on ne dit rien, comme si le fait pour son époux d’avoir été Président l’autorisait à être un goujat. Les machos aux gants blancs cela existe, même dans le pays où ni pute ni soumise se rebelle quand les dit belles d’une drôle de façon. L’académicien a dégainé sa petite épée du fourreau historique. Outre manche on rigole. On raconte que Margaret Thatcher n’en revient pas d’avoir été supplantée par Lady Di et qu’elle s’apprête à raconter la vérité dans un livre intitulé : «  la dame de fer et son coquin destin ».

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