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"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
Au bout de 10 ans de traque, enfin, l’homme le plus recherché du monde a été retrouvé et tué d’une balle dans la tête ; tué par un soldat des forces spéciales, avec derrière lui un peloton d’exécution composé des fantômes de toutes les victimes du terrorisme islamiste. Que peut-on dire ? Il est mort, tout est là, tout est dit ! Ben Laden a été exécuté comme il le méritait, laissant sans remède le chancre du terrorisme dans le monde, ses racines, ses ramifications. La mort du terroriste en chef ne réglera rien, sinon dans l’absolu de la justice, ce qui est déjà un soulagement. Cette vieille crapule à la barbe grisonnante sous sa tarte à la crème a enfin rencontré la justice. On ne va pas s’en plaindre. C’est une bonne nouvelle pour le monde et pour Barack Obama, qui peut maintenant jeter à la gueule des chiens, en guise d’acte de naissance, cet acte de décès historique. Mais ne rêvons pas, à l’intérieur de ce cauchemar, la mort de l’introuvable tueur ne règle en rien la question universelle du terrorisme, bien au contraire. Depuis des années, l’organisation a éclaté en des ramifications redoutables, tuant ici et là, avançant masquée ou à visage découvert, s’infiltrant sous les visages hirsutes, rasés, souriants, grimaçants, invectivant, assassinant. La guerre commence…Il fallait un martyre, qui même immergé pour le repas des poissons carnivores, s’élèvera dans l’imaginaire des fous à la hauteur d’un supplicié de l’Occident. Et la fausse photo exhibée sur les écrans pour la satisfaction du grand public ne fera qu’ajouter sa touche de spectaculaire. L’assassin a obtenu la fin qu’il voulait. Notre drame, c’est qu’on s’est laissé prendre par la logique de la mort dans un enchaînement sans fin. Le sale type a changé notre monde. Il a fait tuer sans distinction des non musulmans et des musulmans sur qui il a fait rejaillir l’opprobre systématique en contaminant de haine et de peur le rapport entre les hommes. La seule question que j’ose me poser avec incertitude : sur quel fumier géopolitique, humain, économique, historique, militaire, avons-nous pu laisser croître ce monstre ? Quels ont été les jardiniers de l’horreur ? Ben Laden est mort, sous quelle forme ignoble va-t-il resurgir ? Déjà, dans les replis de sa cache, les sadiques en sourates déformées s’organisaient. La mort de Ben Laden nous oblige plus que jamais à la vigilance et à la lucidité sur le monde national et international, sinon on va le payer cher. D’ailleurs, n’est-il pas déjà trop tard ?
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