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"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
C’est le monde à l’envers. Des CRS obligés de dresser des barricades pacifiques de la privation de pains pour protester contre la fermeture de leurs casernes : le désordre dans l’ordre, c’est très mauvais signe !
Je connais bien la CRS 54, il y a toujours soufflé un air rebelle… J’y suis né ! A l’époque c’était le Château de la Madone, depuis c’est devenu une caserne qui n’a plus rien d’un château. J’y ai été invité. J’ai visité la chapelle transformée, non sans humour, à l’époque, en musée des projectiles que les populations mécontentes déversent dans leur furie fantaisiste sur les casques républicains. C’est inimaginable ! Dans la collection manquait alors le pavé ministériel du déménagement et de la fermeture qui s’abat sur les familles des policiers et la sécurité des citoyens !
Le problème est bien là : comment Hortefeux peut-il se faire le chantre de la sécurité et le castrateur des casernes ? C’est la nouvelle conception du désert sécuritaire : le désert des barbares !
Là où il y a le feu, on supprime les pompiers ! Là où il y a la maladie, on supprime l’hôpital ! Là où il y a l’insécurité, on supprime la police ! Pendant qu’on y est, on peut aussi supprimer le 17…
Je comprends la réaction des CRS qui ont le sentiment d’être ballotés jusqu’à risquer de se retrouver…en Tunisie, en raison de leur savoir-faire. Ces CRS ont aussi des familles, des vies, des habitudes ; on doit en tenir compte, d’autant qu’ils sont toujours là pour prendre le pavé quand les autres prennent la plage.
Mais ils ont l’obligation d’avoir un mécontentement irréprochable, qui correspond à l’idée républicaine de l’ordre qu’ils incarnent. A eux de trouver une forme de revendication qui respecte la dignité de leur mission.
Ils peuvent aussi rêver d’un déménagement place Beauvau.
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