Bienvenue sur le Blog !
"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
Je découvre un autre monde, celui de la diabolisation, entreprise d’une perversité inouïe où tous les coups, même les plus bas, les plus bêtes sont permis. Je voudrais vous faire part de trois mésaventures consécutives aux journées organisées par Marine le Pen à Nice.
J’ai parlé des enfants d’Yzieu pour dire ma détestation de l’antisémitisme. J’ai évoqué le petit André, peut être me suis-je trompé de prénom, un des enfants qui ont chanté « vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine ». J’étais présent au procès de Klaus Barbie au côté de mon confrère Me Rolland Amsellem, un ami. Nous avons défendu la mémoire d’un enfant, des enfants d’Ysieu, les larmes aux yeux.Il y a de cela presque un an, sauf erreur, M Aron a publié un livre consacré aux grandes plaidoiries du XX ème siècle. Dans cet ouvrage figure la plaidoirie que j’ai prononcée dans l’affaire Klaus Barbie. Au moment de la publication de cette plaidoirie personne ne m’a rien reproché, il est vrai qu’à l’époque je n’avais pas accepté de présider le comité de soutien à Marine, je n’étais donc pas assassinable ! J’ai commis le « crime » d’évoquer ce souvenir judiciaire devant les hommes et les femmes venus aux journées de Marine le Pen… Et là, d’un coup, la machine monstrueuse à diaboliser s’est mise à broyer. Voici le mail que je reçois d’un journaliste au monde : « Nous revenons sur les propos de maître Collard tenus dimanche matin à propos des enfants d’Yzieu, d’abord dans un article web, et ensuite papier. La directrice des enfants d’Yzieu ne possède pas la même version des faits que Gilbert Collard. Pourrait-il m’appeler dès que possible. Merci, bien à vous. Jonathan Klein. » Je tombe des nues. Quelle directrice ? Quelle version ? J’appelle d’un train. J’ai le journaliste qui m’annonce que Serge Klarsfeld est indigné que j’aie osé évoquer les enfants d’Ysieu devant un auditoire du front national. Que sait-il des hommes et des femmes qui étaient là ? Que sait-il de leur vie, de leur histoire, de leur souffrance ? Que vaut l’injure collective, la suspicion collective, l’opprobre collective ? Chaque personne dans cette salle était donc indigne d’entendre l’évocation de l’horreur nazi ? Il faut, maintenant, pour évoquer un moment de sa vie professionnelle qui touche à l’humanité, un moment qui touche à la haine de l’antisémitisme l’autorisation de Me Klarsfeld ? Le journaliste ajoute que j’aurais été peu présent lors du procès… !Que ma plaidoirie aurait été courte… ! Qu’on me voit peu sur les archives ! Est-ce ma faute ? j’en passe et des meilleures. Je sens qu’on prépare un bon petit coup médiatique avec bond et rebond. Je lui demande alors s’il a lu le livre de M Aron, s’il a lu ma plaidoirie ? Il ne connaît pas ce livre… Je lui demande alors de jeter un coup d’œil et de m’expliquer pourquoi personne, pas même Klarsfeld, pas même le Monde, ne m’a alors cherché noise ? Il me promet de lire le livre, me disant qu’il se contente de poser des questions… J’ai à sa disposition un autre livre, d’un très grand chroniqueur judiciaire, qui raconte ma plaidoirie… mot pour mot ce que j’ai dit. Tous, tous les coups sont permis, j’ai intérêt à compter mes abatis, peser mes mots, les flingueurs au stylo me guettent. Désolé, mais ça sent la haine, l’envie de faire du mal.
Dimanche, dans la salle des « immondes », il y avait Denis Sesnec, venu là à mon invitation, parce qu’on est copain, sans qu’il partage en rien les idées de Marine. Lui non plus n’avait donc pas le droit d’entendre parler des enfants d’Yzieu ? Il est complice du délit d’écoute. Du reste, le simple fait d’être là l’a embringué dans des explications sans fin, dans des justifications épuisantes ! Désolé, Denis, de t’avoir mis dans la merde. Ne me fréquente plus ! Je suis pire qu’un bagnard ! Une fois pour toutes, dites-le que vous voulez pour votre confort un front raciste, un aquarium de salauds où pêcher le poisson de l’indignation fraiche en cas de besoin ! Que l’idée que nous ne soyons pas racistes vous insupporte !
L’indignation de complaisance a aussi ses moments drôles. Au sujet des propos inacceptables tenus sur « le Coréen national », Eva Joly, sur France info, a déclaré qu’il s’agissait d’une « lepénisation des esprits ». Je me suis permis de faire remarquer qu’il s’agissait d’un étonnant phénomène de ventilation idéologique, un UMP pète et c’est le front qui pue. Un journaliste du monde a déploré « cette métaphore digestive », pourtant empruntée à Charles de Gaulle, au sujet de De Broglie… qui l'aurait lui-même empruntée à Clemenceau au sujet de Mendel.
De même, quand j’ai dit « le parlement qui parle », cela devient qui « bave »… Ca fait plus populiste !
A tous les salauds qui m’ont écouté parler quelques minutes des enfants d’Yzieu, sans la permission de Serge Klarsfeld, à tous les infréquentables, à tous les maudits de la terre française, à tous les proscrits de la bienséance républicaine, merci de votre émotion !
Commentaires