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"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
"Notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie"
C’est la France du désordre religieux, du passe-droitit confessionnel.D’un côté,l’UMP organise un grand petit débat sur la laïcité, de l’autre, la loi interdit le port du voile ; interdiction visant directement le comportement religieux ostentatoire de certaines musulmanes. On peut comprendre cette interdiction vu l’arriération qu’elle combat, vu l’idée de la femme qu’elle veut défendre. Au même moment où cette prohibition tombe, forcement stigmatisante, on apprend par une délicieuse indiscrétion du cite Médiapart qu’une poignée (5 à 10) d’étudiants juifs des grandes écoles bénéficient d’une dérogation afin de ne pas passer les examens le jour de la pâque juive ! Pour des raisons lunaires, il est interdit aux plus religieux de travailler ce jour fatidique. Le laïcisme lunatique a fait le reste... il avait été décidé pour cinq ou dix candidats qu’ils passeraient leurs examens la vieille, lors de séances nocturnes, sous la surveillance du grand rabbinat, auxiliaires de l’éducation nationale. La décision semble, bien qu’il le démente, venir de l’Élysée... On ne peut mieux faire pour créer le désordre dans l’unité nationale et le sentiment chez nos concitoyens qu’il existe deux poids et deux mesures. On ne peut organiser un débat sur la laïcité et la fragmenter à coups de privilèges religieux accordés aux uns et refusés aux autres. On touche du doigt la faiblesse d’un État soumis aux pressions préférentielles, qui n’obéit à aucune idée républicaine directrice, mais à des accommodements d’une nature difficile à définir. Il nie d’un côté ce qu’il affirme de l’autre. Un essayiste, après avoir fait un diagnostic robespierriste, à trouvé, dans le monde, une solution radicale : le calendrier républicain étant basé sur des fêtes catholiques, il est pénalisant pour des citoyens pratiquants une autre religion, il faut donc l’adapter ! Voilà vers quoi l’on tend, l’air de ne pas y toucher, la suppression de l’Histoire commune à un peuple, son identification depuis Clovis à une culture, à une religion délaissée, mais qui a cimenté nos siècles, nos pensées, nos architectures, nos écritures, notre civilisation . Il ne s’agit pas là d’une revendication identitaire, l’identité étant faite pour la carte du même nom, il s’agit de la sauvegarde du lien, de ce qui relie, de l’amour, j’ose ce mot démodé, pour un pays et son passé. Heidegger disait : « Ce qu’il y a de plus anciens parmi les choses anciennes nous suit, et pourtant vient à notre rencontre. » De quel prix risquons-nous de payer l’abolition de ce « plus ancien », qui est encore présent, pas pour longtemps, au cœur de notre humanité ? Ce qui se passe dans certains esprits est angoissant, parce qu’on a laissé le communautarisme, à force de lâcheté, grignoter notre fonds, notre durée comme enveloppement par le passé, ils veulent définitivement l’effacer, pour laisser la place aux particularismes religieux :une bombe à fragmentation dans l’unité de l’histoire d’un peuple !
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